Vacances apprenantes et bon vieux temps des colonies... et si les élèves avaient simplement besoin de vraies vacances ?

(actualisé le )

Le SA-EN a pris connaissance du projet ministériel relatif aux « vacances apprenantes ». Cette nouveauté de notre ministre aurait notamment pour objectif, cet été 2020, d’accueillir dans des « colonies studieuses » ou des « centres d’accueil » (simplement le jour), les «  jeunes les plus en difficulté (socialement et scolairement) » afin de permettre à ceux-ci de « reprendre contact avec l’école et les apprentissages et de rattraper les fondamentaux ». Vaste programme.

Projet d’apparence louable, lorsque l’on sait que certains enfants n’auront pas du tout été scolarisés, s’ils reprennent en septembre, pendant six mois.

Vacances apprenantes et bon vieux temps des colonies... et si les élèves avaient simplement besoin de vraies vacances ?
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Cependant, le SA-EN se demande, tout d’abord, si l’objectif, n’est pas trop ambitieux ou même simplement réalisable puisque ces «  vacances apprenantes », pour un élève, pourraient ne durer que 5 jours et, surtout, le projet ne précise pas qui seraient les super héros chargés, en particulier, de rattraper les fameux fondamentaux sur 5 demi-journées (les 5 autres demi- journées, ce serait souhaitable, seraient réservées, heureusement, à des activités plus récréatives !)... Le projet ministériel précise simplement que les « intervenants des séquences de renforcement scolaire disposeront des compétences nécessaires au bon déroulement des activités et en adéquation avec le projet pédagogique (animateurs étudiants, accompagnants scolaires, enseignants volontaires, intervenants extérieurs, parents bénévoles diplômés, etc.) ».

Par ailleurs, le SA-EN, s’il trouve louable de changer les idées des élèves en leur proposant de sortir de leur environnement, doute qu’il soit bénéfique de les soumettre, après ces mois particulièrement pénibles, à une nouvelle expérience « pédagogique », plus ou moins bien réalisée.

Enfin et surtout, après ce qu’ont vécu nos jeunes ces derniers mois n’est-il pas simplement nécessaire, avant tout, qu’ils soient accueillis ou pas dans ces centres ou colonies, de leur accorder des vacances au sens propre : une coupure destinée à reposer son corps et son esprit.