Rentrée 2020, le salaire de la peur !

(actualisé le )

Tout ce temps perdu, les vacances d’été arrivent à leur terme dans un contexte d’inquiétude quant à l’évolution de l’épidémie et c’est encore au dernier moment qu’un nouveau protocole sera, ou plutôt serait annoncé. Comment des mesures sérieuses et ambitieuses pour lutter contre la circulation du virus peuvent être mises en place en quelques heures dans les établissements scolaires. Pourtant, deux mois se sont écoulés. Il est totalement incompréhensible qu’un protocole allégé, créé de façon unilatérale, sans implication des représentants des personnels et des parents d’élèves ait fuité dans les médias avant d’être communiqué aux différentes organisations représentatives. De plus, ce protocole est arrivé à contre-courant de l’évolution épidémique créant davantage d’angoisse alors que c’est un outil qui devrait au contraire rassurer les usagers.

Rentrée 2020, le salaire de la peur !
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Le SA-EN craint, encore une fois, l’annonce d’un nouveau protocole créé dans l’urgence et sans concertation qu’il sera difficile de mettre en place sur le terrain pour la rentrée. Cela ne peut être le signe que d’une négligence coupable ou d’une incompétence crasse pour reprendre l’expression d’une organisation de parents d’élèves. L’un n’empêchant pas l’autre, il faut se questionner sur les raisons qui amènent à ce fiasco annoncé. La volonté d’accueillir l’ensemble des élèves à tout prix dès la rentrée en est certainement la raison majeure.

Pourtant, malgré tous les efforts de communication faits depuis la mi-mai, pour porter un message rassurant sur le rôle des enfants et par une extension malhonnête, des établissements scolaires dans la circulation du virus, qui peut croire qu’il n’y aura pas de nombreux foyers épidémiques dans ces derniers ? Sans contrainte, qui peut croire, pour ne parler que de cela, que les gestes barrières seront respectés dans les cours, couloirs et coursives par les élèves ? N’en déplaise à certains, les deux dernières semaines de juin ne sont pas représentatives d’un fonctionnement normal et le nouvel allègement du protocole n’est pas approprié. Que devrons nous faire lors de l’apparition inéluctable du virus dans de très nombreux établissements alors que le brassage entre élèves n’aura pas été limité ?

Le SA-EN a par ailleurs pris connaissance du « plan de continuité pédagogique » et des « priorités pédagogiques » mis en ligne sur le portail Éduscol. La production de ces ressources est louable et va dans le bon sens mais elles sont encore incomplètes et souvent inapplicables. De plus, les critères définissant le niveau de circulation du virus ne sont pas portés à la connaissance du public alors qu’ils sont déterminants pour déclencher un accueil partiel ou une fermeture d’établissement. L’État se déresponsabilise et laisse aux territoires gérer les mesures qu’il ne veut pas prendre et surtout qu’il ne veut pas annoncer à l’avance. Il y sera pourtant obligé si la situation dégénère. A ce moment là, seul le manque d’anticipation sera criant, une nouvelle fois.

Le SA-EN demande à l’État, par l’intermédiaire du gouvernement, un document unique, fixant des règles claires pour tous les moments de vie dans les établissements comprenant des mesures graduées (brassage, hygiène, accueil) en fonction de la circulation locale du virus basées sur des critères précis et connus à l’avance. Dans les zones où le virus circule le plus, un accueil partiel ou des fermetures doivent être envisagés de façon systématique, avec une organisation pratique et pérenne de l’école à distance pour les parents (pas d’accueil par demi journée par exemple) et un accueil complémentaire par les collectivités locales.

Le SA-EN demande que soit rendu obligatoire le port du masque pour tous et à tout moment dans l’enceinte des établissements, en dehors du repas bien entendu, ainsi qu’à leurs abords. Si la prise en charge des masques pour les personnels doit rester une évidence, le SA-EN demande que les masques soient pris en charge pour les élèves boursiers car il ne s’agit pas d’une fourniture scolaire comme les autres. Les services de repas doivent être aménagés pour les élèves et les personnels pour permettre la distanciation physique. Les cours d’EPS et l’accès aux CDI doivent faire l’objet d’un traitement particulier.

Le SA-EN demande, encore une fois, la suppression définitive du jour de carence pour tous les agents car il incite les personnels à venir travailler malade, ce qui est complètement aberrant.

Sur la base du volontariat, le SA-EN demande que soit organisé, à l’entrée des établissements, une prise de température quotidienne. De même, toujours sur la base du volontariat, des campagnes de tests régulières doivent être organisées par des organismes agréés sur le lieu de travail ou aux abords des établissements permettant un meilleur contrôle de la circulation du virus tout en garantissant le respect de la vie privée.