Quel avenir pour les personnels des DRONISEP ?

(actualisé le )

La volonté d’affichage politique du gouvernement de s’affranchir d’un certain nombre de fonctionnaires est en complète contradiction avec la volonté de montrer dans le même temps que l’Etat peut répondre aux interrogations permanentes des jeunes et de leurs familles en matière d’information pour l’orientation.

Quel avenir pour les personnels des DRONISEP ?
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A l’heure des réformes engagées tant au niveau du lycée pour la rénovation des bacs généraux que de la voie professionnelle, il apparaît pour le SNPTES complètement paradoxal que l’Etat se soit dessaisi de cette mission de service public assurée jusqu’alors par l’ONISEP et ne se soit pas donné les moyens de vérifier qu’elle puisse être assumée de façon égale dans toutes les régions.

En effet le transfert des missions aux Régions s’accompagne d’un transfert financier équivalent à la suppression de 155 ETP du réseau ONISEP, somme non contrôlée à posteriori et sans obligation de résultats !
Sous prétexte d’économies, il n’y aura pourtant pas de fonctionnaires en diminution, ce n’est que façade : les collègues de l’ONISEP dont les postes seront supprimés ne seront pas nécessairement repositionnés en Région, qui dans le même temps procédera à de nouveaux recrutements !

Cette opération qui devait être finalisée avant cette rentrée scolaire (nous rappelons que la loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » a été promulguée le 5 septembre 2018 !) est doublement couteuse en termes budgétaires : les fonctionnaires dont les emplois sont supprimés devront être nécessairement reclassés, alors que leurs missions qui actuellement auraient dû être reprises par les Régions continuent d’être assurées par l’ONISEP jusqu’en septembre 2020 !

Le SNPTES ne peut que s’insurger contre cette manière de faire et dénonce dans le même temps la politique de management qui consiste à pousser les personnels de l’ONISEP à rechercher par eux-mêmes une solution de reclassement en misant sur une « évaporation naturelle » de ses ETP.

Le SNPTES exige le respect de l’obligation de reclassement pour chaque agent ainsi qu’une véritable politique d’accompagnement qui prenne en compte leurs compétences, leurs savoir-faire et leurs métiers.

Non à la restructuration de Réseau Canopé, non à la baisse de sa subvention

En septembre 2019, le directeur général de Réseau Canopé déclare au SNPTES et aux autres organisations syndicales que l’opérateur nécessite une réorganisation mais en aucun cas une restructuration.

Le paradoxe qui voudrait que l’on restructure un établissement fraîchement restructuré (les peintures n’étant pas tout à fait sèches) reviendrait à détruire ce qui vient à peine d’être construit par des agents qui ont adhérés au concept du nouvel établissement.

La consolidation de l’opérateur devait être l’un des objectifs du futur COPERF et devait inscrire l’établissement de manière pérenne dans le paysage éducatif français pour les trois années à venir. Comment consolider un opérateur dont certaines missions sont invalidées du jour au lendemain, quand d’autres apparaissent sans ajouts de moyens, et quand cette « consolidation » commence par la suppression annoncée de plus d’une centaine de postes.

Comment croire au maintien de l’opérateur quand la question du modèle économique n’est jamais travaillée sur le fond ?

Le modèle économique n’est pas viable car les enseignants sur lequel il repose en partie, avant d’être clients, sont des usagers qui conçoivent de moins en moins de devoir payer pour exercer leur métier ! Le besoin d’une subvention pour charge de service public prend donc tout son sens à Réseau Canopé.

Le SNPTES réclame le maintien de l’établissement dans sa forme actuelle et les moyens adaptés à la mission de service public à savoir la fin d’une réduction de cette subvention qui entraîne de facto des suppressions de postes.