Professeurs documentalistes : méconnus et non reconnus.

(actualisé le )

Selon les informations dont nous disposons, il semblerait que la prime d’équipement informatique de 150 euros pour les enseignants, ne soit pas versée aux professeurs documentalistes. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour toute une profession déjà mise à mal depuis trente ans.

Professeurs documentalistes : méconnus et non reconnus.
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Trente ans d’existence et toujours pas reconnus comme des enseignants à part entière, les professeurs documentalistes voient en cette information, une n-ième discrimination à leur encontre. Pourtant, lors de la première période de confinement, ces enseignants en télétravail ont poursuivi leurs missions avec leur matériel personnel tout comme les enseignants des autres disciplines. Avec une formation numérique, ils ont particulièrement rempli leur mission de mise à disposition des ressources sur les portails documentaires des établissements. De même ils ont assuré leurs heures de cours en information documentation en distanciel dans la continuité pédagogique exigée par la situation. Que le ministère les ait une fois de plus exclus de la communauté des enseignants, cela ressemble fort à une provocation.

Retour sur la profession :
Pourtant le CAPES section documentation existe depuis 1989, s’appuyant sur le champ universitaire des sciences de l’information et de la communication. La profession est bien inscrite dans le référentiel des compétences du professorat des établissements du second degré avec le premier axe suivant : « Les professeurs documentalistes, enseignants et maîtres d’œuvre de l’acquisition par tous les élèves d’une culture de l’information et des médias [1] »
Lors de sa création, inscrite dans la loi d’orientation sur l’Education du 10 juillet 1989, ce nouveau CAPES témoignait d’un sens avéré de la prospective en ce qu’il prévoyait une telle évolution de ce champ disciplinaire jusqu’à la société d’aujourd’hui. En effet la place grandissante prise par l’information dans notre société, notamment du fait des réseaux sociaux, nous prouve qu’il était plus que judicieux de créer cet enseignement afin d’éduquer les élèves à être des « infocitoyens ».

La situation sur le terrain :
Un des problèmes majeurs, et ils sont nombreux, c’est que la Direction des Programmes n’a jamais entériné cette création de CAPES en créant un programme spécifique en Education de l’information. Par conséquent, les professeurs documentalistes se trouvent contraints de négocier avec le chef d’établissement et les collègues le fait d’avoir des élèves et de pouvoir exercer leur métier d’enseignant. Les situations sont disparates selon les collèges et les lycées, ce qui nuit à la visibilité de cet enseignement. En effet, seuls certains enseignants documentalistes voient leur enseignement inclus dans les emplois du temps des élèves.
Pourtant depuis 2013 [2] un programme d’EMI apparaît (Education aux Médias et à l’information), mais il doit être pris en charge par l’ensemble des enseignants et non seulement par les professeurs documentalistes une nouvelle fois mis de côté.

Le SA-EN soutient cette profession et réclame que le Ministère rétablisse la prime de 150 € pour les professeurs documentalistes et mette en place les conditions nécessaires pour qu’enfin ils puissent, pour le plus grand bénéfice des élèves, exercer leur fonction telle qu’elle est décrite dans le référentiel des compétences du professorat. De même, le SA-EN revendique qu’un véritable enseignement de l’information-communication soit envisagé sans tarder par la direction des programmes.