PIAL : Pôle Inclusif d’Accompagnement Localisé

Intégrer, inclure et adapter l’école à l’élève en situation d’handicap est un cercle vertueux. Toutefois, les personnels en charge de soutenir et accompagner ces élèves, bien qu’ils ont connu de récentes améliorations de leur situations, ne sont pas encore reconnus à la hauteur de leurs compétences et de leur investissement.

 Présentation du dispositif

Un PIAL est un dispositif de gestion et d’organisation du travail des accompagnants. Un PIAL peut regrouper les écoles maternelles et primaires ainsi que les collèges et lycées d’un secteur donné (dans ce dernier cas, on parle de PIAL inter-degré).

Avant la création des PIAL, les AESH (Accompagnant des Elèves en Situation de Handicap) étaient directement « gérés » par chaque établissement et affectés à l’accompagnement d’un ou plusieurs enfants nominativement. Désormais, c’est un PIAL qui les gérera.

En conséquence, les AESH ne seront plus affectés à un élève mais à un territoire (celui couvert par le PIAL).

Le pilote du PIAL (le « responsable ») est soit un IEN, soit un chef d’établissement.
Sous la responsabilité du pilote, un agent est missionné pour être le coordonnateur du PIAL.

Les PIAL sont progressivement mis en place depuis la rentrée 2019 et seront généralisés en 2022.
Ils s’insèrent entre les services départementaux spécialisés des rectorats, les MDPH, les directions d’établissement et les AESH.

Les trois grands objectifs affichés des PIAL sont :

  • un accompagnement défini au plus près des besoins de chaque élève en situation de handicap ;
  • plus de réactivité et plus de flexibilité dans l’organisation de l’accompagnement humain dans les établissements scolaires et les écoles ;
  • une professionnalisation et une amélioration de leurs conditions de travail des accompagnants.

 Procédure : recensement des besoins, recrutement et affectation (avant la rentrée)

  • Les familles déposent une demande d’accompagnement auprès de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). Il est fortement conseillé de faire précéder la demande d’une réunion de l’équipe éducative (document « GEVA-Sco première demande » [1]).
  • La CDAPH (Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées) notifie au PIAL concerné les besoins d’accompagnement de chaque élève.
  • Le coordonnateur du PIAL estime les besoins de son secteur, les moyens humains à sa disposition et les recrutements nécessaires.
  • Les recrutements sont faits par les SEI (Service de l’école inclusive) des DSDEN (Directions des Services départementaux de l’Education Nationale).
  • Le coordonnateur du PIAL organise, en liaison avec les équipes de direction de chaque établissement, la répartition des moyens. Les AESH sont pré-affectés sur un ou plusieurs établissement du PIAL.

 Mise en place du dispositif d’accompagnement (à la rentrée et tout au long de l’année)

  • Les familles sont reçues par la direction de l’établissement ainsi que par l’enseignant ou le professeur principal et l’AESH de leur enfant.
  • Tout au long de l’année, l’accompagnement est organisé au sein du PIAL pour gérer les évolutions des besoins des élèves (sur proposition des équipes et sur notification de la CDAPH) et les aléas de gestion (absences).

 Analyse du dispositif

  • Les AESH sont désormais recrutés pour 3 ans au lieu de 1 précédemment. Ils peuvent obtenir un CDI au bout de 6 ans.
  • La mutualisation entre établissements permet de donner à chaque AESH davantage d’heures (n’oublions pas que les AESH sont très mal rémunérés et très souvent à temps partiel contraint). Cependant travailler sur plusieurs établissements dégrade dans le même temps leurs conditions de travail (temps de trajet non comptabilisé ou sur la pause méridienne...)
  • Les AESH ne sont plus affectés à un élève mais à un territoire (celui couvert par le PIAL). Le lien entre l’accompagnant et l’élève n’est plus au centre du dispositif (prise en compte du handicap, lien de confiance,...).
  • Le coordonnateur PIAL est un agent « volontaire » qui peut-être un AESH missionné et rémunéré pour cela. Il n’a aucun pouvoir hiérarchique et peut se retrouver en porte-à-faux vis-à-vis de ses collègues lorsque des décisions délicates doivent être prises (emploi du temps, établissement de travail).

 Autres problèmes soulevés non directement liés à la mise en place des PIAL

  • Depuis plusieurs années, on constate la multiplication des AESH mutualisés au détriment d’un accompagnement individuel. L’éducation nationale fait-elle pression sur les MDPH pour réduire les coûts et augmenter artificiellement le nombre d’élèves accompagnés ? (il y a trois types d’accompagnement : individuel, mutualisé, et collectif)
  • Les notifications d’accompagnements mutualisés sont souvent limitées à 5 heures par semaine. C’est à dire une heure par jour, ce qui est très insuffisant pour de nombreux élèves.
  • Les accommodements locaux des notifications des CDAPH sont nombreux. C’est à dire que les directions d’école ou les chefs d’établissements réorganisent parfois les moyens affectés à chaque élève pour gérer au mieux la pénurie, ne respectant ainsi que partiellement les notifications des CDAPH.
  • La saturation des services des MDPH retarde l’instruction des dossiers et provoque un manque de réactivité lors de l’actualisation des situations (particulièrement en cours d’année).

 Propositions du SA-EN

  • le SA-EN réclame un véritable statut pour les AESH, véritable personnel de l’éducation nationale à travers la création d’une grille statutaire. Cela leur permettrait une vraie carrière avec tous les droits et devoirs y afférents.
  • Le SA-EN réclame un salaire décent pour les AESH pour le travail effectué, en somme une augmentation notable au regard des ambitions du ministère.
  • La création d’un mouvement académique permettant ainsi une certaine mobilité des AESH en CDI.
  • Le SA-EN exige des formations diplômantes pour les AESH.
  • La limitation à deux établissements de travail pour éviter les déplacements trop nombreux. La prise en compte des temps de trajets dans leurs emplois du temps.

En conclusion, le SA-EN exige les moyens à la hauteur des ambitions du ministère tout en reconnaissant que ce dernier s’est saisi d’une situation qui avait trop longtemps été oubliée et mise de côté.

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