Médias versus enseignants

(actualisé le )

Bien qu’il se soit exprimé les 10 et 15 juin sur des radios privées [1] plutôt que celles du service public, le SA-EN apprécie que le ministre de l’Éducation Nationale ait enfin dénoncé la campagne médiatique de dénigrement menée à l’encontre des enseignants. De même que sa communication interne adressée à l’ensemble des enseignants pour attester de leur mobilisation depuis le 16 mars. Il n’empêche que le cliché est tenace et le postulat du professeur « tire-au-flanc » reste la plupart du temps bien ancré. C’est dans des médias du service public que l’on trouve le plus de critiques à leur égard. La moindre des choses, dans un vrai travail de journaliste, aurait été, à partir de sources valides et identifiables, de comprendre les véritables raisons des absences d’un nombre réduit de professeurs. Cela aurait sans doute permis une analyse plus sérieuse, donc plus intéressante et plus constructive, de la situation. A l’annonce claironnée, sans preuve, et non confirmée par le ministère de 40.000 [2] professeurs absents s’opposent les 760.000 professeurs engagés dans la bataille de la continuité pédagogique avec une capacité d’adaptation remarquable, d’autant qu’il leur a fallu le plus souvent utiliser leurs moyens techniques personnels. Une lettre ouverte [3] d’Inspecteurs d’Académie (IA-IPR) au ministre de l’Éducation nationale dénonce de façon argumentée cette campagne médiatique et atteste de l’investissement sans précédent des professeurs dans leur mission de service public. Une des particularités de ce métier c’est que l’absence d’un seul professeur concerne environ de 120 à plus de 500 élèves selon les disciplines et donc une population de parents très importante, parents dont on peut comprendre l’agacement face à une situation dont pourtant les enseignants dans leur ensemble ne sont nullement responsables. Car un professeur absent est tout simplement un professeur malade. Un professeur se verrait-il refuser le droit, accordé à tous les autres travailleurs, d’avoir des problèmes de santé et donc de bénéficier des congés de maladie ? Il est regrettable que, dans cette situation particulière, le ministère et ses services déconcentrés n’aient pas pris la peine d’expliquer au grand public comment sont gérés les remplacements des professeurs absents.

Médias versus enseignants
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Dans ce contexte délétère, le SA-EN demande au Ministre de l’Éducation Nationale de se prononcer officiellement et non dans le seul strict réseau des enseignants, pour exiger un démenti à cette campagne de diffamation qui vise à jeter le discrédit sur la probité intellectuelle et morale des enseignants et qui n’a pour autre résultat que de diviser entre eux les différents corps de métiers.