Les conditions de travail des enseignants. Enquête Talis 2018 parue dans la revue « Education & Formation » 101 de novembre 2020.

(actualisé le )

Les faits et les chiffres sont là : une augmentation des disparités des profils d’élèves et, pour certains, des difficultés d’apprentissages toujours en hausse d’après l’enquête Talis sous l’egide de l’OCDE et de la DEPP. C’est le fort engagement des enseignants pour l’exercice de leur métier qui fait tenir le système.

Les conditions de travail des enseignants. Enquête Talis 2018 parue dans la revue « Education & Formation » 101 de novembre 2020.
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Du côté de l’éducation prioritaire le chiffre annoncé est une progression de 30 à 50% d’élèves d’une même classe présentant des résultats scolaires peu performants entre 2013 et 2018 avec un climat fortement dégradé et des profils d’adolescents de moins en moins propices aux apprentissages.

Autre chiffre argumentant une complexification des conditions d’exercice, la progression de 43% entre 2013 et 2017 d’élèves à besoins éducatifs particuliers. Il n’est pas question de contester le chiffre lui-même mais de dénoncer les conditions de prise en charge et la carence des moyens humains et d’une formation continue de qualité afin d’amener ces élèves à la réussite. « 7 chefs d’établissements sur 10 considèrent que le manque d’enseignants spécialisés dans la prise en charge d’élèves ayant des besoins éducatifs particuliers altère la capacité de leur établissement à dispenser un enseignement de qualité. »

Cette enquête réalisée en 2018 ne peut, bien sûr, prendre en compte les conditions liées à la crise sanitaire actuelle où le nombre des élèves et le respect du protocole sanitaire compliquent fortement l’exercice du métier d’enseignant. Ce n’est pas le recours au recrutement de contractuels non formés qui permettra de palier ces difficultés.

Malgré cette situation, les enseignants se sont formés avec leurs moyens propres, sur le tas pour ne pas manquer le train de la transition numérique dans l’urgence qu’imposait le confinement dû à la crise sanitaire.

Forts de cet état des lieux, on est en droit d’espérer que le ministère, se fondant sur les études de ses propres services, prenne conscience de l’impérieuse nécessité de créer des postes. Or, à ce jour, nous ne pouvons que constater qu’aucune création de poste n’a eu lieu pour le second degré à la rentrée 2020 malgré les difficultés prévisibles dues au confinement du printemps dernier. Il est temps pour le Ministère de reconsidérer la situation dans l’urgence et de répondre à la revendication prioritaire des enseignants à savoir des créations de postes permettant une diminution du nombre des élèves par classe.

Le rapport souligne aussi que les enseignants sont de plus en plus inquiets de constater que leur mobilisation et leur investissement en vue de la réussite de leurs élèves, ne suffisent plus, à elles seules, à assurer à ceux-ci les bonnes conditions d’apprentissage auxquelles ils ont droit pour leur réussite scolaire.

Le SA-EN, préocupé par la détérioration notable des conditions d’exercice des enseignants aujourd’hui et par la baisse du taux de réussite des élèves les plus défavorisés, s’engage fortement dans la revendication d’une demande prioritaire de reconsidération du nombre de postes eu égard aux réels besoins, afin de renverser ces chiffres révélateurs d’une école qui n’est plus en accord avec les exigences d’une Education Nationale qui doit offrir les mêmes chances à tous les élèves.