L’incohérence des dernières décisions du Ministre pour le Bac 2021

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L’incohérence des dernières décisions du Ministre pour le Bac 2021
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La situation sanitaire est préoccupante, d’autant plus que l’apparition du variant du virus n’est pas faite pour conforter notre espoir commun de retrouver une vie normale. Le SA-EN est bien conscient de la difficulté de gestion de la situation actuelle mais, malgré ces temps incertains, comment comprendre les décisions du Ministre de l’Education Nationale de la Jeunesse et des Sports ?

Des épreuves erratiques
En effet, le temps n’est pas à l’assouplissement des mesures sanitaires ainsi que le déclare Jean-Michel Blanquer le 10 janvier sur plusieurs médias. Par conséquent, à partir du 20 janvier, date à laquelle était prévu le retour de tous les lycéens en présentiel, chaque chef d’établissement devra décider du pourcentage entre le présentiel et l’enseignement à distance pour les lycéens. Même si le ministre recommande la présence de tous les élèves de Terminale en raison du Bac, on ne peut que s’inquiéter de l’inégalité de la préparation selon la taille de l’établissement et de la décision du proviseur, d’autant plus que les épreuves de spécialités sont maintenues coûte que coûte du 15 au 17 mars.
Comment comprendre également que les épreuves communes initialement prévues au troisième trimestre aient déjà été remplacées par une moyenne des résultats du livret scolaire obtenus dans les disciplines concernées alors que ces épreuves de spécialités sont maintenues en mars, c’est-à-dire demain, compte tenu des congés de février.

Le SA-EN demande que les épreuves de spécialités soient repoussées en juin ou transformées en contrôle continu de la même manière que les épreuves communes.

Des élèves abandonnés.
Les élèves qui passent le baccalauréat cette année sont les mêmes qui ont, l’année dernière en première, essuyé les plâtres de la réforme du lycée et les problèmes autour des E3C, l’annulation de l’épreuve anticipée de français du baccalauréat, le confinement avec un enseignement exclusivement à distance du 16 mars au 1er juin 2020 et qui restent dans une incertitude déstabilisante depuis cette rentrée de septembre. En effet, depuis le 5 novembre les lycées fonctionnent de façon hybride, c’est-à-dire que selon les établissements la proportion des élèves en présentiel peut varier entre 50 et 100%. Ce même 5 novembre Jean-Michel Blanquer avait, en même temps qu’il annonçait le changement de modalités des épreuves communes, déclaré une probable modification des épreuves de mars. Aujourd’hui, elles sont maintenues.
Il est regrettable que dans ce contexte, les psychologues et les infirmières scolaires soient trop peu nombreux pour permettre un accompagnement de ces élèves dont beaucoup auraient besoin d’un soutien pour affronter les difficultés qu’ils vivent du fait des décisions ministérielles.
Cette promotion, livrée à elle-même, fait les frais des errements d’une politique sans boussole qui plombe toute une tranche d’âge la laissant dans une perspective d’avenir bouché alors même qu’après le bac, cet avenir devrait s’ouvrir devant elle.