Journée de mobilisation des AED : le ras le bol des premiers de corvée

(actualisé le )

Depuis la rentrée les services de vie scolaire sont mobilisés de manière exceptionnelle au sein des collèges et des lycées. Les contraintes liées à l’épidémie sont grandes et parfois insurmontables. Le respect des gestes barrières, la limitation du brassage entre élèves, la gestion très contrainte de la restauration scolaire, les nombreuses permanences dues aux absences plus nombreuses qu’à l’accoutumée sont autant de problèmes gérés au quotidien par les assistants d’éducation.

Journée de mobilisation des AED : le ras le bol des premiers de corvée
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Cette situation était prévue et annoncée par les premiers intéressés et ne fait qu’accentuer le sentiment de déconsidération à leur égard. Les AED sont recrutés par contrat de droit public à durée limitée. De véritables CDD pouvant être prolongés jusqu’à 6 ans, soit le double de la durée maximale autorisée dans le secteur privé. Pour autant, ils sont souvent recrutés sur des contrats d’un an, les précarisant ainsi davantage. Ils sont rémunérés au niveau du SMIC quelque soit leur ancienneté et n’ont donc aucune perspective d’évolution. Encore une fois, l’État est un bien piètre employeur...

Le SA-EN soutient les mobilisations et souhaite un changement de politique concernant le recrutement, une rémunération évolutive et des possibilités d ’évolution de carrière au sein de l’éducation nationale pour les AED.

Le SA-EN demande au ministère de :

  • Recruter également des étudiants en leur proposant des contrats pluriannuels adaptés leur permettant de concilier vie professionnelle et poursuite d ’études. Cela permettrait par exemple de faire intervenir de manière plus systématique les AED dans le dispositif « devoirs faits ». Cela était le cas avant la loi Ferry de 2003 et la disparition des surveillants d’externat.
  • Créer une grille indiciaire spécifique ou rattacher les AED à une grille existante leur permettant une reconnaissance pécuniaire de l’expérience acquise.
  • Octroyer les primes REP et REP+ aux AED comme pour les enseignants.
  • Encourager les AED, à travers des concours réservés et des formations spécifiques, à poursuivre leur carrière dans l’éducation nationale en tant qu’enseignant ou CPE par exemple.

Aujourd’hui, une mobilisation massive permettra peut-être une prise de conscience de l’importance de leur travail au quotidien. Les AED sont un rouage indispensable au bon fonctionnement de nos collèges et nos lycées. Ils sont, avec les AESH, les derniers de cordée mais toujours les premiers de corvée. Ils méritent davantage de reconnaissance plus de considération !