Évaluations nationales dans le secondaire : Seront-elles enfin exploitables localement ?

(actualisé le )

Pour rappel, il s’agit d’un outil créé par le ministère avec un triple objectif affiché :

  • Mesurer le niveau des établissements et les piloter dans le temps au niveau académique.
  • Aider les équipes des réseaux écoles-collège au pilotage pédagogique.
  • Aider les équipes pédagogiques à mesurer le niveau de leurs élèves et à individualiser l’aide et l’accompagnement.
Évaluations nationales dans le secondaire : Seront-elles enfin exploitables localement ?
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Malheureusement, lors des trois premières sessions d’évaluations nationales en sixièmes :

  • Des problèmes matériels récurrents lors de la passation (outils mal maitrisés, connexions erratiques, bugs, codes complexes, …) ont entrainés de trop grandes disparités pour une évaluation dite « nationale ».
  • Les résultats sont tellement inexploitables localement qu’ils ne sont pas communiqués aux familles dans de nombreux collèges. En effet, les équipes enseignantes ne connaissent pas les résultats précis de leurs élèves.
  • L’entêtement du ministère sur les modalités de passation et d’exploitation est incompréhensible malgré des remontées de terrain très critiques depuis le début.

En juin 2020, un rapport de l’IGESR [1] vient confirmer :

  • Qu’aucun des trois objectifs n’est atteint jusqu’à présent.
  • Un désintérêt croissant des équipes pédagogiques qui n’y trouve aucune utilité localement par manque de lisibilité des résultats.
  • Une évaluation peu pertinente en seconde. Le brevet des collèges, passé deux mois plus tôt, est encore une épreuve nationale qui devrait suffire pour remplir ces objectifs.

Le SA-EN salue le travail critique réalisé par l’IGESR et espère que ses recommandations seront prises en compte dès cette année. Néanmoins, il s’interroge sur la pertinence de piloter les réseaux écoles-collège à l’aide de ces outils et souhaite bien du courage à ceux qui essayeraient de le faire malgré les nombreux biais qu’ils comportent (évaluation « adaptative », problèmes de passation, mutations des enseignants, variation naturelle du niveau d’une année à l’autre, modification des programmes, …).

Le SA-EN insiste sur le fait que construire des indicateurs nationaux pour le ministère ne devrait pas être une priorité des enseignants, particulièrement lors de cette rentrée. Cette tache chronophage n’a jusqu’à présent aucune utilité pour les équipes pédagogiques et les équipes de direction.

Le SA-EN demande que les évaluations nationales de sixième soient obligatoirement exploitables au niveau local en donnant aux équipes pédagogiques les questions posées et les résultats détaillés. Le SA-EN demande la suppression des évaluations en seconde dès l’an prochain. Sur ces deux points, le SA-EN rejoint des propositions du rapport de l’IGESR.