Autotest = autodérision ?

(actualisé le )

Autotest = autodérision ?
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Depuis l’avis favorable du Conseil scientifique sur l’utilisation des autotests, avis conforté par celui de la Haute Autorité de Santé, le MENJS encadre, par l’arrêté du 26 mars 2021, la mise à disposition d’autotests de diagnostic du Sars-CoV-2 sur prélèvement nasal afin d’organiser un dépistage à large échelle au sein de populations ciblées âgées de plus de 15 ans. Ce dépistage dont l’objectif affiché est de briser la chaîne de contamination et de repérer les cas positifs asymptomatiques devrait être organisé par les établissements d’enseignement.

Suivant les exemples du Royaume-Uni dont les élèves bénéficient d’autotests depuis le 8 mars, et de l’Autriche (depuis le 7 février dernier), l’arrivée de ces autotests était prévue le 26 avril pour les enseignants du primaire et à partir du 3 mai pour les personnels du secondaire et les élèves de lycées puisque cet arrêté stipule qu’il s’agit de personnes de plus de 15 ans.

Lors de sa conférence de presse du 22 avril, le Premier ministre réajuste le calendrier en annonçant la première commande de 64 millions d’autotests pour le 26 avril avec deux autotests par semaine distribués pour chaque enseignant et à partir du 10 mai, un autotest par semaine pour les lycéens.

Le SA-EN déplore qu’une fois de plus, une telle distorsion existe entre les annonces faites et la réalité du terrain. Il s’inquiète surtout du fiasco que cela risque d’engendrer : faute d’avoir su anticiper, le ministère alourdit une fin d’année déjà bien compliquée à gérer, tant pour les personnels que pour les élèves.

Et pourtant à la date du 17 mai de nombreux établissements n’étaient pas encore destinataires des lots d’autotests pour les enseignants.

En ce qui concerne les lycéens, le protocole d’organisation qu’il faudrait mettre en place n’est pas réaliste et de nombreux chefs d’établissements se retrouvent devant des difficultés insurmontables par manque de personnels, de locaux adaptés et de temps pour l’organisation des séances d’information afin que la qualité du geste garantisse la fiabilité du résultat.

La fin de l’année, ponctuée par le confinement du mois d’avril et les remous créés par la proximité des épreuves du baccalauréat ne fournit ni la possibilité ni la sérénité, ni le temps nécessaires pour mettre en place toute la pédagogie indispensable à l’utilisation correcte et fiable de ces autotests.

Mais pour le ministère, la présence de tutoriels sur son site apparaît comme la solution miracle, ce recours au numérique est la marque d’une pensée magique dont on sait combien elle est peu corrélée avec le monde réel.

C’est pourquoi le SA-EN réclame que soient réunies les conditions d’une véritable mise en œuvre de ces autotests, en termes de moyens humains et matériels, afin de ne pas laisser reposer sur les seules épaules des chefs d’établissements, de leurs équipes et des enseignants la réussite de cette opération pour la rentrée de septembre 2021.