Après TIC TOC, RIP REP : le devenir des REP

C’est dans un contexte de réduction des moyens que l’expérimentation de la suppression des réseaux d’éducation prioritaire est annoncée pour l’an prochain. En l’état actuel, les établissements sont classés dans des zones REP ou REP+ uniquement en fonction de critères sociaux des familles accueillies. Mais les inégalités augmentent dans notre pays et l’actualisation régulière de ces zones conduirait à une augmentation du nombre d’établissements concernés et donc des moyens nécessaires. Ce n’est visiblement pas le choix du gouvernement actuel !

Le SA-EN demande au ministre une réactualisation de la carte des REP et REP+ car de nombreux établissements devraient y être et en sont exclus.

Après TIC TOC, RIP REP : le devenir des REP
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Rappelons tout d’abord ce que sont ces moyens supplémentaires : ce sont principalement des heures en plus sur la dotation globale horaire pour limiter les effectifs des classes et des primes pour stabiliser les équipes enseignantes. Rappelons également que les AED et les AESH y travaillant ne touche pas ces primes...

Le SA-EN demande au ministre que l’ensemble des personnels travaillant dans un établissement REP ou REP+ soit bénéficiaire de la prime correspondante.

Certes ces dispositifs ne sont pas parfaits et les inégalités perdurent mais la contractualisation en échange de moyens n’est qu’une posture permettant de récupérer de l’argent pour l’utiliser ailleurs. En effet, les équipes pédagogiques n’ont aucune prise sur les raisons premières des difficultés rencontrées par leurs élèves. Le manque de mixité sociale, la sectorisation ne sont pas de la responsabilité des enseignants ou des chefs d’établissement. C’est une question politique et il ne s’agirait pas de dissimuler le manque de courage de nos dirigeants successifs dans ce domaine en reportant la responsabilité de ces échecs sur les équipes enseignantes et les chefs d’établissements.

Les REP deviendront superflues lorsque nos politiques auront impulsé une politique de la ville courageuse, radicalement différente, visant à davantage de mixité sociale dans tous les quartiers de nos métropoles.

Par ailleurs, les élèves passent et les difficultés restent. Alors comment comprendre la déclaration de Nathalie Elimas, secrétaire d’Etat à l’éducation prioritaire, qui évoque « des contrats de 3 ans, passés entre l’école ou l’établissement, et le rectorat, avec une clause de revoyure pour les prolonger si besoin. » Dans le meilleur des cas, les équipes en place auront réussi à faire progresser leurs élèves grâce à ces moyens supplémentaires mais d’autres prendront leurs places, avec les mêmes difficultés... Est-ce à dire qu’un dispositif performant engendrera sa propre disparition alors que les élèves suivants devraient en bénéficier. On n’ose le croire...

Le SA-EN dénonce cette contractualisation annoncée. Profondément injuste, elle pousserait les enseignants et les chefs d’établissement à davantage de bureaucratie (contrat, revue de contrat, construction d’indicateurs, …) se détournant encore un peu plus de leur mission première.

Une autre crainte est que les moyens attribués à un collège dépendront beaucoup trop du chef d’établissement et de la qualité de sa relation avec l’inspecteur académique.

Le SA-EN sera particulièrement vigilant concernant les premières expérimentations dans les villes de Marseille, Lille et Nantes l’an prochain.