9 décembre 2020 : une journée de la laïcité discrète.

9 décembre 2020 : une journée de la laïcité discrète.
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En cette journée de commémoration de la loi de la séparation des églises et de l’Etat du 9 décembre 1905, nous nous serions attendus cette année, à une impulsion particulièrement forte de la part du ministère : une commémoration à la hauteur du dramatique assassinat de Samuel Paty. Un événement marquant s’imposait dans le contexte que nous connaissons avec une réponse pédagogique spécifique pour lui rendre hommage. Il n’en est rien. Etablie en 2015, cette journée a encore du mal à trouver sa place. En effet, seulement 18% des établissements organisent des manifestations pour commémorer cette journée. Le Comité National d’Action Laïque s’est manifesté auprès du Ministre de l’Education Nationale de la jeunesse et des sports lui demandant de mettre en place des actions pour cette journée ainsi que de réaffirmer ce principe fondateur primordial des valeurs de la République.

Former à la laïcité

Bien que de nombreuses ressources se trouvent sur le site d’Eduscol et sur les sites académiques, elles ne sont pas suffisantes. En effet il est difficile de se contenter d’un catalogue d’actions dans lequel on peut piocher individuellement, donc saupoudrer de manière aléatoire. C’est au contraire une véritable synergie qu’il faudrait construire qui ne peut se passer d’une formation spécifique de l’ensemble des enseignants, en privilégiant les stages en équipe pédagogique, une formation initiale en relation avec les Inspé et une formation continue d’établissement.

D’autre part, il semble incontournable de créer des réseaux de partenariat avec des associations éducatives laïques comme la Ligue de l’Enseignement par exemple, et d’élaborer des projets d’action éducative après état des lieux de chaque établissement.

Prévenir plutôt que guérir

De même cette question dans les établissements scolaires ne peut se réduire aux signalements de faits religieux et d’atteintes au principe de laïcité. Comme le stipule le rapport de l’IGESR de novembre 2019 , il s’agirait plutôt de créer un climat scolaire où les valeurs portées par le principe de laïcité seraient largement partagées dans l’idée de prévenir et d’anticiper. En effet, faire vivre la laïcité à l’école et en faire respecter les principes implique de maintenir le dialogue avec les parents d’élèves.

Conscient de l’importance à attacher aux principes de la laïcité, le SA-EN demande de transformer cette journée en une semaine articulée autour d’actions fortes conçues et prises en charge par les établissements. Ce qui implique un cadre ministériel de cette semaine avec des temps de concertation permettant de concevoir et d’animer des actions en direction des élèves et des familles. Cela nécessite aussi une formation initiale et continue des enseignants sur cette question, qui rappelons-le, est un des principes de l’Article 1er des dispositions générales du code de l’Education.